Amazon est en train de prendre le contrôle du marché du livre :
- Depuis 2005, Amazon veut développer le marché de l'impression à la demande de livres électroniques
- 2007 : la liseuse Kindle renforce les liens entre amazon et ses clients
- Amazon veut imposer un tarif unique de 9,99 $ pour les nouvelles publications.
L'impression à la demande
En 1997, le principal grossiste américain de l'édition , Ingram Content Group, créait une nouvelle division, Lightning Source, pour répondre à la demande des éditeurs souhaitant lancer des réimpressions de certaines oeuvres en petites séries.
A la fin des années 90, Jason Epstein, un vétéran de chez Random House, eut l'idée d'un appareil ressemblant à un distributeur automatique, qui serait chargé d'imprimer à la demande des ouvrages difficiles à trouver dans le commerce. En 2003, il crée l'entreprise On Demand Books, pour vendre aux libraires l'Espresso Book Machine construit par Xerox. Vendue près d'une centaine de milliers de $, cette machine permet de télécharger et d'imprimer un livre de poche de belle facture en 5 minutes. A l'automne 2011, Harper Collins Publishers, une filiale de News Corp., devenait le premier des principaux éditeurs à mettre à disposition de On Demand Books une partie de son catalogue, soit quelque 5.000 livres anciens. Le succès de l'Espresso Book Machine est limité par un catalogue qui pour l'essentiel est constitué de titres anciens libres de droits. Selon Dane Neller, PDG de On Demand Books "la faute en incombe dirctement aux éditeurs, qui se montrent extrêmement réticents à bouleverser leur chaîne d'approvisionnements, même si nous espérons et demeurons persuadés que cela aussi changera, au bout du compte."
En 2005, Amazon rachète le prestataire d'impressions à la demande BookSurge, pour proposer aux éditeurs un service d'impression à la demande pour les références qui viendraient en rupture de stocks. Cette filiale d'Amazon, rebaptisée CreateSapce, s'adresse pour l'essentiel à de petits éditeurs, ainsi qu'aux livres publiés à compte d'auteur. La technologie s'est beaucoup affinée depuis 2005, et en 2012 la différence entre les ouvrages imprimés à la demande et les livres de poche du commerce est indiscernable.
- Réduit les coûts fixes de stockage, de logistique et de distribution.
- Supprime les ruptures de stocks
- Catalogue de titres
Les grands groupes d'édition sont déstabilisés et freinent l'innovation technologique.
- Capitaux immobilisés dans de gigantesques entrepôts et la logistique pour acheminer les livres vers les points de vente
- C'est la rémunération de ce service de stockage et de distribution, qui permet aux gros éditeurs de dominer leur marché et de capter la plus grosse partie de la valeur ajoutée de la filière du livre.
Les gros éditeurs refusent d'accorder des droits pour l'impression à la demande des titres avec un réel potentiel commercial. Ils ont également tentés de s'entendre entre eux pour s'opposer à la stratégie tarifaire d'Amazon. Ce qui a conduit le Ministère de la Justice Américain à engager des poursuites contre Apple et 5 éditeurs, leur reprochant une entente illicite pour augmenter le prix du livre électronique (3 de ces éditeurs ont d'ailleurs choisi de transiger).
L'impression de livres électroniques renforce les petits éditeurs
Les petits éditeurs avaient été contraints de céder l'impression, le stockage et la distribution de leur catalogue aux gros éditeurs.
Pour ces petits éditeurs, qui financièrement ont déjà opéré la rupture avec le modèle économique traditionnele de la filière du livre, l'impression de livres électroniques leur permet de se libérer de leur dépendance auprès des grands groupes d'édition et d'investir dans la recherche et le développement.
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